Politique familiale de Vichy
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La propagande du régime de Vichy pour sa politique familiale
Le gouvernement du maréchal Pétain, dans le cadre de la « Révolution nationale », met en place une politique familiale qui semble à première vue cohérente et simple : promotion du mariage légitime, de la femme au foyer, de la natalité, de la famille nombreuse.
Le Commissariat Général à la Famille (CGF), organisme fixé sous cette forme en 1941 confié à Philippe Renaudin et très autonome, en présente une synthèse dans sa propagande, notamment dans des campagnes d’affichage ambitieuses. 20 à 30 % du budget du CGF sont consacrés à la propagande qui utilise aussi les vecteurs modernes (cinéma, presse écrite, radio).
Philippe Renaudin, convaincu de la puissance de la propagande pour infléchir les esprits, en définit fin 1941 les objectifs pour son Commissariat : restaurer la famille française dans ses droits (lutte contre l’individualisme) et opérer une conversion morale de la société. Il différencie deux grandes cibles que la propagande doit atteindre de manière spécifique : les jeunes que l’on peut façonner directement dans le cadre des nouveaux principes ; tous les autres déjà atteints par le « mal ancien de l’individualisme » doivent adhérer par l’obtention d’avantages matériels.
La politique de l’Etat Français dans le domaine de la famille s’appuie souvent sur des textes législatifs rédigés dans l’entre-deux-guerres, les appliquant de façon stricte, les renforçant ou les détournant de leur but initial. Ainsi, le code de la famille de 1939 est mis en œuvre et infléchi dans un sens moralisateur ; le délit « d’ abandon de famille » (1924) est élargi en 1942 et devient une véritable désertion sociale ; les lois contre la provocation à l’avortement et la propagande anticonceptionnelle de 1920-23 sont renforcées en 1942 : l’ « avortement d’habitude » devient un crime de haute trahison ; la loi Naquet (1884) autorisant le divorce n’est pas supprimée mais la procédure est très alourdie pour dissuader les demandeurs.
Le slogan « travail, famille, patrie » résume les priorités du régime de Vichy. Après la Charte du travail en 1941, le gouvernement tente de créer une « Charte de la famille » (loi Gounot de décembre 1942) qui vise à intégrer les familles légitimes dans une structure corporative unique et moralisatrice. Le retour de la femme au foyer y est favorisé (celle-ci est valorisée dès 1941 par la création de la « journée des mères »). Assez rapidement cependant, les réalités de la situation d’occupation et de collaboration reprennent le dessus : l’occupant a besoin de main d’œuvre et exige l’intégration des femmes au STO.
Les inspirations idéologiques en faveur de la natalité, proviennent de divers courants, parfois contraires. L’exclusion des juifs de la société française, le rattachement de la fondation Alexis-Carrel (qui mène une réflexion sur la pureté de la race) au CGF fin 1941, le rôle des associations familiales conservatrices voire réactionnaires, la montée des collaborationnistes convaincus de l’idéologie raciale nazie (modèle de la race aryenne) conduisent Vichy à mener finalement une politique « familialiste nataliste » : favoriser la production de nombreux enfants de race française dans le cadre légitime du mariage. On opère donc une synthèse généalogique et eugéniste.
La question de l’impact de cette politique dans la population reste ouverte. On observe à partir de 1943 une remontée de la courbe de la natalité. Doit-on l’attribuer à Vichy ou à l’espoir revenu d’une libération prochaine ?
A la Libération, contrairement à d’autres domaines, il n’y a pratiquement pas d’épuration et de sanctions à l’égard des responsables de cette politique. Philippe Renaudin est relaxé ; beaucoup de ses chargés de mission sont recasés dans l’INED (Institut National des Etudes Démographiques) continuant à influencer en partie la politique familiale du GPRF puis de la IVe République. Le principal graphiste de la propagande familiale de Vichy, Philippe Grach (il signe Grach d’abord puis de plus en plus souvent Phili), continue à exercer son office auprès du GPRF.
les affiches n° 001.130.118, 001.130.135 et 001.131.37 qui ne sont pas numérisées seront ajoutées ultérieurement ainsi que leurs commentaires.
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