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La propagande antibritannique en France durant la seconde guerre mondiale
Le 18 juin 1940, le général de Gaulle lance à la BBC de Londres un appel repris sur une affiche apposée en Angleterre les 3 et 4 août: il demande une mobilisation des Français contre la défaite, contre l’occupation allemande, contre le gouvernement de Vichy. Il se prononce clairement pour le maintien de l’alliance avec les Britanniques qui l’ont accueilli.
Après l’armistice de juin 1940, l’installation du Régime de Vichy et les événements militaires de l’été 1940 –flotte Française coulée par l’aviation britannique à Mers el-Kébir, tentative de débarquement des Anglais et gaullistes à Dakar– la France métropolitaine est le théâtre d’une campagne de propagande très nettement anti-anglaise, souvent contre la personne de Churchill.
Il semble que cette hostilité soit surtout inspirée et propagée, à partir de juillet 1940, par la Propaganda Abteilung (section de propagande allemande en France), dépendant directement des bureaux de Goebbels à Berlin. Le but recherché est de susciter chez les Français un sentiment de haine envers les Anglais et donc, par réaction, un sentiment pro-allemand.
Cette campagne, dans le contexte de la bataille d’Angleterre, se poursuit jusqu’en mai 1941. Outre l’ennemi principal qui est Churchill, elle vise accessoirement de Gaulle jugé plutôt inoffensif et le plus souvent moqué. La propagande vichyste fait de même en se concentrant sur Churchill responsable des pénuries en France (blocus) et des agressions contre l’Empire (victoire des FFL et des Anglais en juillet 1941 au Liban et en Syrie).
Le printemps et l’été 1941 sont l’occasion de changements significatifs de cibles et de méthodes. D’une part, les priorités de la propagande allemande en langue française changent. L’attaque contre l’URSS passe au premier plan et les affiches anti-juives se répandent. D’autre part l’amalgame entre les divers ennemis (ou supposés tels) du Reich est réalisé dans la propagande: apparition de l’expression « judéo-bolchevisme », idée de Croisade pour sauver la civilisation européenne, de Gaulle complice des juifs...
Le sentiment anti-anglais reste vivace pendant tout le conflit. Toutes les occasions et tous les procédés semblent bons pour tenter de désolidariser les Français de leur ancien allié. Cette insistance-même prouve à elle seule le peu d’écho, mis à part dans une frange de la population française déjà acquise à la vision nazie de l’Europe, rencontré par ces arguments anti-anglais sur le territoire français.
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